L’Archipel des Bijagos : entre tradition et modernité
L’archipel des Bijagos se situe au large des côtes de la Guinée Bissau. Il est habité principalement par l’ethnie Bijago qui, au cours de son histoire, a mis en place un système d’exploitation des ressources et de l’espace original. Seules une vingtaines d’îles parmi les 88 sont occupées en permanence, les autres faisant l’objet d’exploitations saisonnières ou, considérées comme sacrées, n’étant utilisées que pour des cérémonies magico-religieuses spécifiques.
Depuis une vingtaine d’années, l’archipel fait l’objet de nombreuses convoitises de la part d’acteurs exogènes intéressés par les ressources de la pêche, du tourisme ou de l’agriculture. Face aux risques liés à la dégradation d’un patrimoine culturel et naturel exceptionnel, plusieurs institutions nationales et internationales ont conjugué leurs efforts pour mettre en place des mécanismes visant à renforcer les grands équilibres entretenus par les Bijagos. D’importants travaux scientifiques, une cartographie et un zonage complets de l’archipel ont été réalisés en collaboration avec ces derniers et ont abouti à la création d’une Réserve de la Biosphère dans le cadre du Programme MaB (Man and Biosphère) de l’UNESCO. Au sein de la Réserve, deux grands Parcs Nationaux ont été crées pour une protection plus stricte de la biodiversité (hippopotames marins, tortues marines, lamantins, oiseaux d’eau etc…).
 L'hippopotame occupe une place privilégiée dans la cosmogonie bijago © Hellio - Van Hingen
Le complexe des îles d’Urok, faisant l’objet de fortes pressions exogènes du fait de sa proximité du continent, a pour sa part mis en place une aire protégée communautaire qui doit permettre une articulation efficace entre les règles d’usage traditionnelles et les réalités modernes.
Les Institutions concernées par un développement durable de cet archipel ont sollicité le concours de deux photographes professionnels (Jean François Hellio et Nicolas Van Ingen). Ceux-ci ont passé deux mois avec les Bijagos à deux périodes de l’année (saison sèche et saison des pluies). Simultanément un dossier est en cours d’étude auprès de l’administration pour préparer la candidature de l’archipel en tant que site du Patrimoine Culturel et Naturel mondial de l’UNESCO. La Conférence Internationale « Biodiversité: science et gouvernance » (UNESCO-Paris, 24-28.01.2005) a présenté une opportunité exceptionnelle pour faire connaître l’archipel des Bijagos et les enjeux dont il fait l’objet. Il s’agit d’une situation archétypique des peuples indigènes au XXIè siècle pour laquelle les grandes orientations du programme MaB de l’UNESCO en matière de conservation et de développement durable trouvent ici un cadre d’application susceptible de servir d’exemple à l’humanité.
L’exposition se présente sous forme de photographies grand format, y compris sous forme de bâches suspendues entre lesquelles les visiteurs pourront déambuler. Quatre ou 5 panneaux permettent d’introduire de manière simplifiée les grands axes de la réalité parmi lesquels : la nature, biodiversité et ressources ; des rites culturels et religieux pour gérer l’espace et ses ressources ; globalisation et pressions exogènes ; la Réserve de Biosphère, cadre approprié pour la science, l’éducation et la conservation au bénéfice des communautés et du pays. Chacune des thématiques, illustrée par 7 à 8 photos, s’attache principalement à mettre en lumière les liens entre l’homme et l’environnement, montrant en particulier comment la culture bijago influe sur l’état de l’environnement et vice versa. Une composante spécifique expose les travaux scientifiques réalisés dans l’archipel, notamment les travaux du laboratoire du CNRS Géomer qui accompagne cette aventure depuis 1989.
Les Institutions qui proposent cette exposition sont le Bureau de Planification Côtière du Ministère du Développement Rural, la Direction Générale de l’Environnement, l’Institut National d’Etudes et de Recherches de Guinée Bissau en collaboration avec l’ONG nationale Tiniguena – cette Terre est à nous, l’UICN, la Fondation Internationale du Banc d’Arguin – FIBA, le programme Régional de Conservation de la Zone cötière et Marine d’Afrique de l’Ouest – PRCM et le comité MaB France.
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